Avant-propos
Le Marché Transatlantique est en préparation depuis près de vingt ans. Il devrait voir le jour durant l'année 2015. Les "grands médias" n'en parlent pas ou relativement peu. Les Français et les Européens sont ainsi sous-informés sur un événement majeur qui va vite les concerner. C'est pourquoi ce blog a été créé. Il se veut informatif, politiquement indépendant, tout en étant respectueux de l'opinion des personnes, qu'elles soient favorables ou défavorables au Marché Transatlantique. A quelques mois voire à seulement quelques semaines de la réalisation de ce projet, il parait probable que ces mêmes "grands médias" n'auront d'autre choix que de traiter enfin la question. Ce blog ne sera alors plus d'utilité et il aura cessé d'être alimenté. Pendant cette attente, nous vous proposerons des lectures et des vidéos pertinentes provenant de divers sources, informant et donnant des opinions sur le Marché Transatlantique. Nous ne nous portons pas garant de la totalité de ce qui pourrait y être dit ou écrit. De même que nous vous proposons en marge du blogue, une liste de liens vers de nombreux sites qui nous semblent pertinents, sans pour autant approuver ou cautionner tous les propos et toutes les opinions qui pourraient y être exprimés. A cet effet, nous ne permettons pas à nos lecteurs de laisser des messages pour éviter toute polémique d'une part, et d'autre part, pour ne pas devoir modérer à temps voulu, des propos qui seraient illicites. En vous remerciant de votre compréhension.
samedi 15 juin 2013
Pierre Hillard, le 14/06/2013
Article de Pierre Hillard paru le 14 juin 2013, sur Boulevard Voltaire :
Le diplomate Charles-Maurice de Talleyrand se plaisait à répéter que « la vraie force est de savoir se limiter ». Ceci est vrai dans tous les domaines, y compris l’économie. Cependant, l’esprit de lucre qui anime les hautes sphères de la finance conduit à accumuler des richesses complètement déconnectées de l’économie réelle.
(...)
On estime que le PIB total mondial tourne autour des 70.000 milliards de dollars tandis que le montant total des dettes est estimé à 190.000 milliards de dollars. Cette dette a doublé en une dizaine d’années. En y regardant de plus près, on constate que le cas américain est absolument explosif. En effet, les 25 plus grandes banques américaines détiennent pour 212.525 milliards de dollars de produits dérivés en 2013 (produits dérivés à l’origine de la crise de 2007/2008). Or, le total des avoirs de ces banques atteint les 8.900 milliards de dollars. Le ratio est donc de 24 à 1. En élargissant ces produits dérivés à l’ensemble du monde, la fourchette va de 600.000 milliards à 1.500.000 milliards de dollars. En gardant l’estimation haute, le ratio par rapport au PIB mondial total est de 21 à 1.
La situation américaine est révélatrice de l’effondrement en cours du système.
(...)
Alors qu’en même temps, les économies chinoise et japonaise présentent des faiblesses de plus en plus visibles (contraction de la production manufacturière en Chine…), sans parler de l’UE et de l’euro, il faut garder à l’esprit que cet effondrement économique américain en cours et, par répercussions, planétaire (ainsi que celui du dollar) est un outil pour passer à la vitesse supérieure : les tentatives de création d’une gouvernance mondiale. Selon le bon vieux précepte ordo ab chao (« l’ordre naît du chaos »), il s’agit de faire table rase du passé pour reconstruire sur des bases nouvelles. Dans le cas américain, l’objectif est la création d’un bloc unifié nord-américain (North American Community) faisant le pendant à l’UE. Pareil à un pont constitué de deux piliers, le marché transatlantique est appelé à devenir le tablier réunissant les deux rives de l’Atlantique.
(c)bvoltaire.fr / P.Hillard
L'article complet sur ce lien :
http://www.bvoltaire.fr/pierrehillard/leconomie-mondiale-au-bord-du-gouffre,26458
vendredi 14 juin 2013
Le point sur les pré-négociations du 14/06/2013
Les articles de presse se sont multipliés ces deux derniers jours dans un grand nombre de médias, à l'occasion de la réunion tenue aujourd'hui à huis clos à Luxembourg. Les ministres du Commerce des 27 devaient en effet s'accorder sur le mandat qui sera confié à la Commission européenne pour négocier un grand accord de libre-échange avec les Etats-Unis.
Après plus de dix heures de discussion, les 27 n'étaient pas parvenus à un accord, du fait de l'opposition de la France qui souhaiterait protéger son secteur audiovisuel et l'exclure des négociations. De prochaines discussions devraient permettre de trouver un compromis. En revanche, aucun blocage - pour le moment et à notre connaissance - aux sujets de l'agriculture et de l'industrie !
Il est regrettable que ces articles ne soient proposés qu'en second plan dans les médias les ayant diffusés, de même que ce thème du Marché Transatlantique n'ait aucunement été abordé dans des médias de première importance. Ce fut vérifiable à la lecture, ce jour, des trois gratuits Metro, 20 Minutes et Direct Matin qui n'en touchèrent pas une ligne.
Nous avons sélectionné deux articles qui nous semblaient les plus informatifs, lesquels nous proposent un petit compte-rendu des discussions en cours :
Commerce-L'UE tente de convaincre Paris sur la culture
Les ministres européens du Commerce tentent de convaincre la France d'assouplir sa position sur "l'exception culturelle" afin de ne pas compromettre un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, nécessaire pour stimuler le commerce transatlantique.
Le gouvernement français, qui refuse que la culture (télévision, cinéma, médias en ligne) soit incluse dans les négociations avec Washington, a dit mercredi être prêt à utiliser son droit de veto face à ce qu'il considère comme une menace de la part de l'industrie américaine du divertissement.
Ce droit de veto n'existe pas formellement, mais la France se réfère au "compromis de Luxembourg" de 1966 obtenu par le général de Gaulle, qui permet à un Etat d'invoquer une menace pour ses intérêts nationaux et oblige les Etats membres à négocier jusqu'à la conclusion d'un compromis.
La Commission ne veut pas exclure l'audiovisuel en général, notamment à cause du numérique. Paris redoute de son côté que plus personne n'aille au cinéma s'il devient possible d'acheter des films sur internet dès leur sortie.
Réunis à huis clos vendredi à Luxembourg, les ministres européens du Commerce tentent de trouver une solution. On rapporte de source autorisée que la France n'a pas varié de position lors des premiers échanges.
"Je dirais que les chances d'obtenir un accord sont de 50-50", a déclaré le ministre finlandais des Affaires européennes et du Commerce extérieur, Alexander Stubb.
(...)
Les Européens ont besoin de l'accord de la France, deuxième économie du continent, même si les décisions sont prises à la majorité qualifiée.
Ils redoutent par ailleurs que l'exclusion d'un secteur industriel des discussions ne pousse les Etats-Unis à se désengager de la même façon, en protégeant par exemple leur transport maritime, ce qui préoccupe le Danemark et la Grèce.
(...)
Paris n'est pourtant pas convaincu par ces assurances et la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a jugé jeudi qu'elle n'avait aucune raison de changer de position.
Elle a maintenu sa position vendredi, expliquant à ses homologues européens que la France rejetait tout mandat qui n'excluait pas clairement le secteur audiovisuel et soulignant que les Etats-Unis possédaient déjà une part de 60% des écrans de cinéma européens tandis que la part de l'Europe aux Etats-Unis ne varie qu'entre 3 et 6%.
"Qui est ouvert ? Qui est fermé ?", s'est-elle interrogée, selon une copie de son discours diffusée par des diplomates.
Les Etats-Unis vendent à l'Europe plus de musique, de films et de programmes de télévision et de radio qu'ils n'en importent de l'Union européenne. Dans ce secteur l'excédent net des Etats-Unis est de 1,5 milliard d'euros par an de 2004 à 2011.
(c) lesechos.fr avec Reuters
L'article complet sur ce lien :
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00528597-commerce-l-ue-tente-de-convaincre-paris-sur-la-culture-575785.php
La France bloque l'accord UE-États-Unis au nom de la culture
La France persiste et signe. Garanties, médiations, formules de compromis, appels à la raison… toutes les tentatives pour dissuader Paris d'user de son veto contre le lancement d'une grande négociation commerciale avec les États-Unis continuaient de se heurter à un mur, aux premières heures vendredi d'un huis clos européen décisif à Luxembourg.
«La France ne vous surprendra pas, a lancé d'entrée la ministre française Nicole Bricq devant ses vingt-six collègues de l'UE. Elle refusera tout mandat qui ne comporterait pas (….) l'exclusion claire et explicite du secteur audiovisuel.»
En pratique, Paris exige que la télévision, la radio, le cinéma, la musique et toutes leurs traductions sur Internet soient protégées par la règle de l'«exception culturelle», qui permet taxes, quotas et subventions. L'Europe s'abriterait ainsi de la redoutable concurrence des géants américains de l'industrie «on line», tel Google, YouTube, Apple ou Facebook.
La plupart des Européens, Allemands, Britanniques, Italiens et Espagnols déplorent la frilosité française sur le volet culturel. Ils craignent que l'Hexagone, par son obstination, sacrifie l'essentiel à l'accessoire. Ils redoutent que l'Europe s'affiche trop divisée pour négocier en position de force face à Washington. La présidence irlandaise promettait une ultime formule de compromis pour la soirée. Mais la France n'entend pas en démordre: «elle est prête à explorer toutes les marges de manœuvre, dès lors qu'il s'agit des autres», lâchait un diplomate.
(...)
À Luxembourg, beaucoup de capitales font porter le blâme sur Paris, même si elles y mettent encore les formes. L'Allemagne est sortie d'une neutralité embarrassée pour demander à Nicole Bricq de «bouger un peu», par la voix de la ministre Anne Ruth Herkes. L'Italie, ouverte aux idées françaises, a fini par se rallier à la majorité.
(...)
(c) lefigaro.fr
L'article complet sur ce lien :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/06/14/20002-20130614ARTFIG00646-la-france-bloque-l-accord-ue-etats-unis-au-nom-de-la-culture.php
Après plus de dix heures de discussion, les 27 n'étaient pas parvenus à un accord, du fait de l'opposition de la France qui souhaiterait protéger son secteur audiovisuel et l'exclure des négociations. De prochaines discussions devraient permettre de trouver un compromis. En revanche, aucun blocage - pour le moment et à notre connaissance - aux sujets de l'agriculture et de l'industrie !
Il est regrettable que ces articles ne soient proposés qu'en second plan dans les médias les ayant diffusés, de même que ce thème du Marché Transatlantique n'ait aucunement été abordé dans des médias de première importance. Ce fut vérifiable à la lecture, ce jour, des trois gratuits Metro, 20 Minutes et Direct Matin qui n'en touchèrent pas une ligne.
Nous avons sélectionné deux articles qui nous semblaient les plus informatifs, lesquels nous proposent un petit compte-rendu des discussions en cours :
Commerce-L'UE tente de convaincre Paris sur la culture
Les ministres européens du Commerce tentent de convaincre la France d'assouplir sa position sur "l'exception culturelle" afin de ne pas compromettre un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, nécessaire pour stimuler le commerce transatlantique.
Le gouvernement français, qui refuse que la culture (télévision, cinéma, médias en ligne) soit incluse dans les négociations avec Washington, a dit mercredi être prêt à utiliser son droit de veto face à ce qu'il considère comme une menace de la part de l'industrie américaine du divertissement.
Ce droit de veto n'existe pas formellement, mais la France se réfère au "compromis de Luxembourg" de 1966 obtenu par le général de Gaulle, qui permet à un Etat d'invoquer une menace pour ses intérêts nationaux et oblige les Etats membres à négocier jusqu'à la conclusion d'un compromis.
La Commission ne veut pas exclure l'audiovisuel en général, notamment à cause du numérique. Paris redoute de son côté que plus personne n'aille au cinéma s'il devient possible d'acheter des films sur internet dès leur sortie.
Réunis à huis clos vendredi à Luxembourg, les ministres européens du Commerce tentent de trouver une solution. On rapporte de source autorisée que la France n'a pas varié de position lors des premiers échanges.
"Je dirais que les chances d'obtenir un accord sont de 50-50", a déclaré le ministre finlandais des Affaires européennes et du Commerce extérieur, Alexander Stubb.
(...)
Les Européens ont besoin de l'accord de la France, deuxième économie du continent, même si les décisions sont prises à la majorité qualifiée.
Ils redoutent par ailleurs que l'exclusion d'un secteur industriel des discussions ne pousse les Etats-Unis à se désengager de la même façon, en protégeant par exemple leur transport maritime, ce qui préoccupe le Danemark et la Grèce.
(...)
Paris n'est pourtant pas convaincu par ces assurances et la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a jugé jeudi qu'elle n'avait aucune raison de changer de position.
Elle a maintenu sa position vendredi, expliquant à ses homologues européens que la France rejetait tout mandat qui n'excluait pas clairement le secteur audiovisuel et soulignant que les Etats-Unis possédaient déjà une part de 60% des écrans de cinéma européens tandis que la part de l'Europe aux Etats-Unis ne varie qu'entre 3 et 6%.
"Qui est ouvert ? Qui est fermé ?", s'est-elle interrogée, selon une copie de son discours diffusée par des diplomates.
Les Etats-Unis vendent à l'Europe plus de musique, de films et de programmes de télévision et de radio qu'ils n'en importent de l'Union européenne. Dans ce secteur l'excédent net des Etats-Unis est de 1,5 milliard d'euros par an de 2004 à 2011.
(c) lesechos.fr avec Reuters
L'article complet sur ce lien :
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00528597-commerce-l-ue-tente-de-convaincre-paris-sur-la-culture-575785.php
La France bloque l'accord UE-États-Unis au nom de la culture
La France persiste et signe. Garanties, médiations, formules de compromis, appels à la raison… toutes les tentatives pour dissuader Paris d'user de son veto contre le lancement d'une grande négociation commerciale avec les États-Unis continuaient de se heurter à un mur, aux premières heures vendredi d'un huis clos européen décisif à Luxembourg.
«La France ne vous surprendra pas, a lancé d'entrée la ministre française Nicole Bricq devant ses vingt-six collègues de l'UE. Elle refusera tout mandat qui ne comporterait pas (….) l'exclusion claire et explicite du secteur audiovisuel.»
En pratique, Paris exige que la télévision, la radio, le cinéma, la musique et toutes leurs traductions sur Internet soient protégées par la règle de l'«exception culturelle», qui permet taxes, quotas et subventions. L'Europe s'abriterait ainsi de la redoutable concurrence des géants américains de l'industrie «on line», tel Google, YouTube, Apple ou Facebook.
La plupart des Européens, Allemands, Britanniques, Italiens et Espagnols déplorent la frilosité française sur le volet culturel. Ils craignent que l'Hexagone, par son obstination, sacrifie l'essentiel à l'accessoire. Ils redoutent que l'Europe s'affiche trop divisée pour négocier en position de force face à Washington. La présidence irlandaise promettait une ultime formule de compromis pour la soirée. Mais la France n'entend pas en démordre: «elle est prête à explorer toutes les marges de manœuvre, dès lors qu'il s'agit des autres», lâchait un diplomate.
(...)
À Luxembourg, beaucoup de capitales font porter le blâme sur Paris, même si elles y mettent encore les formes. L'Allemagne est sortie d'une neutralité embarrassée pour demander à Nicole Bricq de «bouger un peu», par la voix de la ministre Anne Ruth Herkes. L'Italie, ouverte aux idées françaises, a fini par se rallier à la majorité.
(...)
(c) lefigaro.fr
L'article complet sur ce lien :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/06/14/20002-20130614ARTFIG00646-la-france-bloque-l-accord-ue-etats-unis-au-nom-de-la-culture.php
jeudi 13 juin 2013
Yannick Jadot, le 22/05/2013
Intervention de Yannick Jadot, le 22 mai 2013, à la commission du Commerce international du Parlement européen. Yannick Jadot est député européen des Verts, vice-président de la commission du Commerce international et membre de la commission Industrie, recherche et énergie du Parlement européen.
Opinion globalement exprimée sur le MT : négative
mercredi 12 juin 2013
Yannick Jadot, en février 2013
Intervention de Yannick Jadot, en février 2013, à la commission du Commerce international du Parlement européen. Yannick Jadot est député européen des Verts, vice-président de la commission du Commerce international et membre de la commission Industrie, recherche et énergie du Parlement européen.
Pour mémoire, l'intervention de Yannick Jadot en juillet de l'année dernière, sur le même thème : http://www.dailymotion.com/video/xs5cyu_11-07-2012-intervention-sur-l-accord-union-europeenne-etats-unis_news
mardi 11 juin 2013
Faire l'Europe, c'était faire le poids
Hier, nous avons publié un échange de propos tenus à l'Assemblée Nationale, le 4 juin dernier.
Monsieur Thierry Repentin, ministre socialiste délégué chargé des affaires européennes, répondait ainsi au député communiste François Asensi : "Oui, monsieur le député, la France est favorable au principe de la négociation d’un accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis".
Il est intéressant de noter l'évolution de ce parti politique sur les relations euro-américaines et de montrer que dans une campagne favorable à la ratification du traité de Maastricht, à l'occasion d'un référendum, en date du 20 septembre 1992, le PS français proposait l'affiche suivante :
La grande puissance économique asiatique de l'époque n'était pas la Chine mais le Japon. Les Etats-Unis étaient caricaturés de façon très négative, en un super héros aussi imposant que le lutteur de sumo japonais, avec lequel il se partageait le monde. L'Europe était censée émerger et faire le poids contre ces deux supers puissances. Tel était l'argument proposé pour que les électeurs optent pour le OUI quant à la ratification du traité de Maastricht.
Nous ne portons pas de jugement sur le pouvoir socialiste. Nous n'affirmons pas que le marché transatlantique soit une abomination, tout comme nous ne soutenons pas qu'il soit une solution. Nous admettons le principe de négociation avec tout pays ou tout bloc de pays, à condition qu'il ne soit pas globalement au désavantage de la France et de l'Europe. Nous ne sommes qu'un relais de toutes les opinions des différents partis et conférenciers qui proposent des éléments de réponse sur ce thème trop peu abordé qu'est le Marché Transatlantique.
Nous ne faisons que constater l'évolution du positionnement des socialistes entre 1992 et 2013. A tort ou à raison ? Aux internautes de se faire leur propre opinion.
Monsieur Thierry Repentin, ministre socialiste délégué chargé des affaires européennes, répondait ainsi au député communiste François Asensi : "Oui, monsieur le député, la France est favorable au principe de la négociation d’un accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis".
Il est intéressant de noter l'évolution de ce parti politique sur les relations euro-américaines et de montrer que dans une campagne favorable à la ratification du traité de Maastricht, à l'occasion d'un référendum, en date du 20 septembre 1992, le PS français proposait l'affiche suivante :
La grande puissance économique asiatique de l'époque n'était pas la Chine mais le Japon. Les Etats-Unis étaient caricaturés de façon très négative, en un super héros aussi imposant que le lutteur de sumo japonais, avec lequel il se partageait le monde. L'Europe était censée émerger et faire le poids contre ces deux supers puissances. Tel était l'argument proposé pour que les électeurs optent pour le OUI quant à la ratification du traité de Maastricht.
Nous ne portons pas de jugement sur le pouvoir socialiste. Nous n'affirmons pas que le marché transatlantique soit une abomination, tout comme nous ne soutenons pas qu'il soit une solution. Nous admettons le principe de négociation avec tout pays ou tout bloc de pays, à condition qu'il ne soit pas globalement au désavantage de la France et de l'Europe. Nous ne sommes qu'un relais de toutes les opinions des différents partis et conférenciers qui proposent des éléments de réponse sur ce thème trop peu abordé qu'est le Marché Transatlantique.
Nous ne faisons que constater l'évolution du positionnement des socialistes entre 1992 et 2013. A tort ou à raison ? Aux internautes de se faire leur propre opinion.
lundi 10 juin 2013
François Asensi, le 04/06/2013
François Asensi, député communiste de Seine-St-Denis et du Front de Gauche
Assemblée Nationale, Questions au
gouvernement, le 4 juin 2013
M. le président. La parole est à M. François Asensi, pour le groupe de la
Gauche démocrate et républicaine.
M. François Asensi. Monsieur le Premier ministre, la Commission européenne a accordé un délai à la France pour réduire son déficit, mais à quel prix !
M. Guy Geoffroy. Eh oui !
M. François Asensi. Ses recommandations avant sanction sont inacceptables : baisse des dépenses publiques, hausse de la TVA, gel du SMIC, nouvelle attaque contre le droit à la retraite à soixante ans. Ce qu’elle nomme recommandations, je le qualifie de chantage !
Dans le même temps, la Commission européenne s’apprête à créer une vaste zone de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis.
En dehors de tout mandat impératif de la France ou du Conseil européen, elle disposera d’un blanc-seing absolu. Le libéral M. Barroso négociera en notre nom. Le feu vert à ce funeste accord de libre-échange pourrait être accordé en juin, dans l’opacité, laissant le Parlement français totalement dépossédé.
Quel est l’objectif ? Démanteler toutes les règles tarifaires, réglementaires, environnementales qui protègent les salariés et les consommateurs.
Dans une Europe aux intérêts divergents, la Commission acceptera-t-elle au nom de la France l’introduction des OGM, comme le demande le Danemark ? Les gaz de schiste, comme le souhaite la Pologne ? La libéralisation financière, comme le Royaume-Uni et d’autres paradis fiscaux européens la pratiquent ?
Les grands vainqueurs seront les multinationales, le président des États-Unis l’a lui-même reconnu.
Accepter cet accord transatlantique, ce serait mettre notre développement sous tutelle des États-Unis et reconnaître que l’Europe, première puissance économique mondiale, est incapable d’impulser sa propre relance.
Monsieur le Premier ministre, la France va-t-elle s’opposer à cette fuite en avant contraire à l’intérêt des peuples et à l’idéal européen ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe RRDP.)
M. Julien Aubert. Très bonne question !
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé des affaires européennes.
M. Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes. Oui, monsieur le député, la France est favorable au principe de la négociation d’un accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis. Mais cet accord ne se fera pas à n’importe quel prix, notamment celui d’une remise en cause des grands choix de société faits par la France et par l’Union européenne.
C’est la raison pour laquelle nous avons posé trois préalables, j’allais dire trois lignes rouges.
Il s’agit, premièrement, de l’exclusion de l’exception culturelle française du mandat de négociation. Nous soutenons cette exigence avec treize autres ministres de l’Union européenne, à l’initiative d’Aurélie Filippetti. Il s’agit d’une démarche tout à fait démocratique puisque le Parlement européen a délibéré sur la position française, lui donnant une légitimité issue de l’élection.
Il s’agit, deuxièmement, du refus de l’ouverture des marchés publics de la défense, à la demande de mon collègue et ami Jean-Yves Le Drian.
Il s’agit, troisièmement, de tout ce qui pourrait mettre à mal les choix de société que nous avons faits, notamment en matière agricole. Et cette position très importante est reprise par d’autres pays de l’Union.
Pour autant, nous sommes persuadés que cet accord représente des possibilités de relance de l’économie et de création d’emplois pour l’Union européenne dans son ensemble, mais aussi pour la France.
C’est cette position à la fois exigeante, enthousiaste et ambitieuse qui sera défendue par Nicole Bricq lors du Conseil du commerce extérieur du 14 juin prochain. Ses conclusions, vous le verrez, seront de nature à vous rassurer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)
Sources :M. François Asensi. Monsieur le Premier ministre, la Commission européenne a accordé un délai à la France pour réduire son déficit, mais à quel prix !
M. Guy Geoffroy. Eh oui !
M. François Asensi. Ses recommandations avant sanction sont inacceptables : baisse des dépenses publiques, hausse de la TVA, gel du SMIC, nouvelle attaque contre le droit à la retraite à soixante ans. Ce qu’elle nomme recommandations, je le qualifie de chantage !
Dans le même temps, la Commission européenne s’apprête à créer une vaste zone de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis.
En dehors de tout mandat impératif de la France ou du Conseil européen, elle disposera d’un blanc-seing absolu. Le libéral M. Barroso négociera en notre nom. Le feu vert à ce funeste accord de libre-échange pourrait être accordé en juin, dans l’opacité, laissant le Parlement français totalement dépossédé.
Quel est l’objectif ? Démanteler toutes les règles tarifaires, réglementaires, environnementales qui protègent les salariés et les consommateurs.
Dans une Europe aux intérêts divergents, la Commission acceptera-t-elle au nom de la France l’introduction des OGM, comme le demande le Danemark ? Les gaz de schiste, comme le souhaite la Pologne ? La libéralisation financière, comme le Royaume-Uni et d’autres paradis fiscaux européens la pratiquent ?
Les grands vainqueurs seront les multinationales, le président des États-Unis l’a lui-même reconnu.
Accepter cet accord transatlantique, ce serait mettre notre développement sous tutelle des États-Unis et reconnaître que l’Europe, première puissance économique mondiale, est incapable d’impulser sa propre relance.
Monsieur le Premier ministre, la France va-t-elle s’opposer à cette fuite en avant contraire à l’intérêt des peuples et à l’idéal européen ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe RRDP.)
M. Julien Aubert. Très bonne question !
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé des affaires européennes.
M. Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes. Oui, monsieur le député, la France est favorable au principe de la négociation d’un accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis. Mais cet accord ne se fera pas à n’importe quel prix, notamment celui d’une remise en cause des grands choix de société faits par la France et par l’Union européenne.
C’est la raison pour laquelle nous avons posé trois préalables, j’allais dire trois lignes rouges.
Il s’agit, premièrement, de l’exclusion de l’exception culturelle française du mandat de négociation. Nous soutenons cette exigence avec treize autres ministres de l’Union européenne, à l’initiative d’Aurélie Filippetti. Il s’agit d’une démarche tout à fait démocratique puisque le Parlement européen a délibéré sur la position française, lui donnant une légitimité issue de l’élection.
Il s’agit, deuxièmement, du refus de l’ouverture des marchés publics de la défense, à la demande de mon collègue et ami Jean-Yves Le Drian.
Il s’agit, troisièmement, de tout ce qui pourrait mettre à mal les choix de société que nous avons faits, notamment en matière agricole. Et cette position très importante est reprise par d’autres pays de l’Union.
Pour autant, nous sommes persuadés que cet accord représente des possibilités de relance de l’économie et de création d’emplois pour l’Union européenne dans son ensemble, mais aussi pour la France.
C’est cette position à la fois exigeante, enthousiaste et ambitieuse qui sera défendue par Nicole Bricq lors du Conseil du commerce extérieur du 14 juin prochain. Ses conclusions, vous le verrez, seront de nature à vous rassurer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)
http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/expressions/accord-de-libre-%C3%A9change-transatlantique
http://www.elunet.org/spip.php?article29907
dimanche 9 juin 2013
Conférence de François Asselineau du 15/05/2013
Conférence de François Asselineau, président fondateur de l'Union Populaire Républicaine (UPR), donnée le 15/05/2013, à Namur en Belgique.
Le marché transatlantique fut abordé à divers reprises, comme à partir de 7'48" dans la vidéo ci-dessous :
Les 2 premières parties de la conférence sont visibles sur ces liens :
http://www.youtube.com/watch?v=bYZ-hsF3CSs
http://www.youtube.com/watch?v=2gHw_ukFFDI
Le marché transatlantique fut abordé à divers reprises, comme à partir de 7'48" dans la vidéo ci-dessous :
Les 2 premières parties de la conférence sont visibles sur ces liens :
http://www.youtube.com/watch?v=bYZ-hsF3CSs
http://www.youtube.com/watch?v=2gHw_ukFFDI
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