Avant-propos


Le Marché Transatlantique est en préparation depuis près de vingt ans. Il devrait voir le jour durant l'année 2015.
Les "grands médias" n'en parlent pas ou relativement peu. Les Français et les Européens sont ainsi sous-informés sur un événement majeur qui va vite les concerner. C'est pourquoi ce blog a été créé. Il se veut informatif, politiquement indépendant, tout en étant respectueux de l'opinion des personnes, qu'elles soient favorables ou défavorables au Marché Transatlantique. A quelques mois voire à seulement quelques semaines de la réalisation de ce projet, il parait probable que ces mêmes "grands médias" n'auront d'autre choix que de traiter enfin la question. Ce blog ne sera alors plus d'utilité et il aura cessé d'être alimenté. Pendant cette attente, nous vous proposerons des lectures et des vidéos pertinentes provenant de divers sources, informant et donnant des opinions sur le Marché Transatlantique. Nous ne nous portons pas garant de la totalité de ce qui pourrait y être dit ou écrit. De même que nous vous proposons en marge du blogue, une liste de liens vers de nombreux sites qui nous semblent pertinents, sans pour autant approuver ou cautionner tous les propos et toutes les opinions qui pourraient y être exprimés. A cet effet, nous ne permettons pas à nos lecteurs de laisser des messages pour éviter toute polémique d'une part, et d'autre part, pour ne pas devoir modérer à temps voulu, des propos qui seraient illicites. En vous remerciant de votre compréhension.

mercredi 26 juin 2013

Le mandat secret dévoilé

L'Humanité du lundi 24 juin 2013
(c) L'Humanité / humanite.fr

DOCUMENT. L’Humanité s’est procurée le texte du mandat grâce auquel la Commission européenne négociera une zone de libre-échange avec les États-Unis. Si un accord est trouvé, les États abdiqueraient une partie de leur pouvoir aux multinationales.
Les négociations sur l’accord transatlantique ont débuté. Du côté des États-Unis, l’administration de Barack Obama mène ces pourparlers. Du côté de l’Union européenne (UE), la Commission s’en chargera. Elle dispose d’un mandat secret que lui ont confié les États, le 14 juin, et dont l’Humanité s’est procuré une copie, qui circule par ailleurs sur Internet.
Cet accord ne vise pas uniquement, en réduisant les droits de douane et en harmonisant les règles, l’établissement d’une zone de libre-échange censée apporter 0,5 % de croissance supplémentaire en… 2027. Revient par le bout de la lorgnette l’accord multinational sur l’investissement (AMI), abandonné en 1998 du fait de l’opposition du gouvernement français, de gauche plurielle. «Le but des discussions sur l’investissement sera de négocier la libéralisation de celui-ci», lit-on dans le document qui pourrait transformer le Vieux Continent en terrain de jeu pour multinationales.

Suite de l'article sur le site de l'Humanité :
http://www.humanite.fr/monde/marche-transatlantique-le-mandat-europeen-secret-d-544473
Le texte "à diffusion restreinte" à télécharger sur le site de l'Humanité au format pdf :
http://www.humanite.fr/sites/default/files/pdf/2013/mandat_pdf.pdf
La version traduite en français, via le site contrelacour.over-blog.fr :
http://contrelacour.over-blog.fr/article-marche-transatlantique-le-mandat-definitif-de-negociation-de-la-commission-europeenne-traduit-en-118657212.html

mardi 25 juin 2013

Jean Quatremer, le 16/05/2013

Libre-échange transatlantique: l'UE à la rame (par Jean Quatremer)

Si José Manuel Durao Barroso voulait fournir aux eurosceptiques un argument de campagne clef en main il ne s’y prendrait pas autrement. À un an des élections européennes de mai 2014, le président de la Commission n’a rien trouvé de mieux que de se lancer dans la négociation d’un vaste accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, les deux principales puissances économiques du monde. Son idée est de créer un grand marché intérieur transatlantique où les biens et les services circuleront librement, ce qui, selon lui, permettra de relancer la croissance. Mais il y a un énorme hic : cette négociation ne pourra aboutir que si les Européens renoncent au passage à une partie de leurs normes, qu’elles soient juridiques, financières, sanitaires, environnementales, culturelles, etc. « On se demande vraiment pourquoi Barroso nous a embarqués dans cette galère politiquement explosive », se demande un haut fonctionnaire bruxellois pour qui « l’Europe a tout à perdre et quasiment rien à gagner dans cette négociation ». Autant dire qu’il s’agit de pain béni pour les opposants à la construction communautaire qui trouveront là du grain à moudre sur « l’Europe pro-américaine et ultralibérale ». Barroso est le spécialiste incontestable des dossiers politiquement mal maîtrisé : en défendant jusqu’au bout la directive Bolkestein libéralisant les services en 2004-2005, il avait alimenté le « non » au référendum français sur la Constitution européenne.

Suite de l'article sur :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/05/libre-%C3%A9change-transatlantique-lue-%C3%A0-la-rame.html

lundi 24 juin 2013

Jean Quatremer, le 19/06/2013

Exception culturelle : l'art qui cache la forêt (par Jean Quatremer)

Et si l’«exception culturelle» n’était qu’un chiffon rouge, destiné à détourner l’attention pour mieux faire passer la pilule ? Celle de l’abandon du «modèle européen» au profit d’une logique du tout marché ? Car si la France a réussi à obtenir, vendredi (14 juin 2013, NDLR), au prix de treize heures de négociations avec ses partenaires de l’Union, l’exclusion de l’audiovisuel du mandat de négociation confié à la Commission, celle-ci a emporté l’essentiel : la mise en chantier d’un grand marché transatlantique unissant l’Union européenne et les Etats-Unis, les deux principales puissances économiques de la planète, où les biens, les capitaux et les services circuleront librement.

Suite de l'article sur :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/06/exception-culturelle-lart-qui-cache-la-for%C3%AAt.html

vendredi 21 juin 2013

Pause musique

En ce 21 juin, jour de la fête de la musique, nous vous proposons deux titres qui pourraient illustrer certains des propos parfois relayés sur notre blogue depuis sa création le mois dernier.
Tout d'abord, El Gaouli, un rappeur avec un texte vraiment hors du commun.

El Gaouli - La vérité ou le bonheur (clip officiel) 2011 [Production : El Gaouli]
http://www.elgaouli.com/
https://fr-fr.facebook.com/pages/EL-GAOULI/34399695727

Dans un registre musical "funky", Philippe Thomas nous proposait en 1985 un morceau plein d'humour et de second degré sur les Etats-Unis :

Philippe Thomas - Les Etats-Unis (1985)

Autoproduction (1550568298)
Paroles, musique, guitare, claviers par Philippe Thomas
Aux choeurs : Lucienne Thomas
France (Lamballe, Côtes d'Armor, Bretagne)

mercredi 19 juin 2013

Mais qui est vraiment José Manuel Barroso ?

Jose Manuel Barroso (wikipedia)

L'ensemble de la classe politique française et en premier lieu, le président François Hollande se sont déclarés choqués ou incrédules quant aux propos tenus en début de semaine par José Manuel Barroso, sur l'exception culturelle française.
Il est aisé de retracer via internet, le cursus et le parcours politique de l'actuel président de la Commission européenne. Le dévouement plus que prononcé de monsieur Barroso envers les USA et le groupe Carlyle saute aux yeux du premier lecteur venu.
Il semblerait que nos représentants politiques soient amnésiques ou très mal informés. A la mi-juin 2013, ils semblent découvrir enfin la personnalité du président au long cours de la Commission européenne ...
Nous revenons donc sur les propos des principaux protagonistes puis nous tracerons un portrait de José Manuel Barroso en synthétisant les écrits de Jacques Guérin, Pascal-Jean Gimenez, ainsi que les éléments donnés sur le Wikipedia.

Exception culturelle : les propos de Barroso provoquent un tollé
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a violemment critiqué lundi 17 juin la volonté de la France d'exclure le secteur audiovisuel du mandat de négociations commerciales avec les Etats-Unis. "Cela fait partie de ce programme antimondialisation que je considère comme totalement réactionnaire", déclare M. Barroso dans un entretien publié par l'International Herald Tribune.
Le président de la Commission européenne indique qu'il est favorable à la protection de la diversité culturelle mais sans mettre un cordon autour de l'Europe. "Certains [de ceux qui défendent l'exception culturelle] disent être de gauche mais ils sont en fait extrêmement réactionnaires", insiste-t-il.

Hollande ne "veut pas [y] croire"
Interrogé sur ces propos, François Hollande a affirmé qu'il ne voulait "pas croire" que José Manuel Barroso ait pu qualifier la France de "réactionnaire" en raison de sa défense de l'exception culturelle.
"Je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés, pas même sur les artistes qui se seraient exprimés", a-t-il déclaré devant la presse à son arrivée à Lough Erne (Irlande du Nord) pour un sommet du G8.
(…)
Nicole Bricq : "la négociation sera longue et difficile"
La ministre du commerce extérieur a, elle, appelé à l'union face aux Etats-Unis dont les négociateurs "sont redoutables". "Nous savons que la négociation sera longue et difficile et je doute qu'on conclue cette affaire en deux ans", a-t-elle dit à la presse.
"Nous savons que nous avons beaucoup de sujets à régler mais en tous cas nous n'avons pas a discuter de l'exception culturelle, elle est sortie du mandat", a-t-elle ajouté. Toutefois, si ce sujet devait être débattu de nouveau, "ce serait la même règle, c'est-à-dire l'unanimité, et la France dirait encore une fois non."

Source :

Mais qui est donc Barroso ? – « Barroso ou le maoïsme qui mène à tout ».

Né le 23 mars 1956 à Lisbonne, José Manuel Durão Barroso, flamboyant soutien du président George W. Bush lors de la dernière guerre en Irak, a en effet entamé sa carrière politique au moment où la révolution des œillets mettait fin à la brutale dictature qui sévissait au Portugal depuis près de cinquante ans. Le jeune Manuel Barroso choisit alors de militer dans un groupe maoïste, le Mouvement pour la Réorganisation du Parti du Prolétariat (MRPP), dont il devient vite le leader. Pourquoi un tel choix ? « Il y avait deux partis d'extrême gauche, explique-t-il, j'ai choisi les pro-Chinois parce qu'ils luttaient contre les communistes. »

Orateur charismatique, organisateur de talent, Manuel Barroso tient des discours enflammés sur les bancs de la fac, lance des nouveaux cours sur l'histoire du marxisme-léninisme, et entreprend même de déménager le mobilier de la faculté pour meubler le siège du MRPP, à la grande surprise de ses camarades qui lui feront rendre ses « prises de guerre ». Pendant les deux ans qui suivent la révolution des œillets, le Portugal vit une période d'affrontements, liés à la puissance du Parti communiste portugais dont certains craignent la prise de pouvoir et l'instauration d'un régime pro-soviétique. Au nombre de ceux qui s'inquiètent d'une telle issue figurent notamment les Etats-Unis, soucieux de ne pas voir un de leurs alliés traditionnels basculer dans le camp de l'ennemi(*).
(*) Il est à préciser que les Açores étaient un point stratégique pour l’armée Américaine. Quelques mois plus tôt, en octobre 1973, lors de la guerre du Kippour, le Portugal donna son feu vert aux Etats-Unis pour l’utilisation de l’aérodrome de Lajes aux Açores. Il se créa ainsi un pont aérien entre la côte est des USA, les Açores à 6 heures de vol puis Tel-Aviv à 7 heures de vol, afin d’armer Israël pendant que le camp adverse, egypto-syrien, était soutenu par l’URSS. Près de 1 300 militaires Américains furent ainsi déployés aux Açores, au plus fort des opérations.

A Lisbonne un nouvel ambassadeur, et pas n'importe lequel. Frank Carlucci n'est pas un diplomate ordinaire. Agent de la CIA , c'est un spécialiste de la lutte anti-communiste. Sa mission est, bien entendu, de ramener le Portugal dans le droit chemin, c'est-à-dire celui des Etats-Unis.

Le 25 novembre 1975, une coalition hétéroclite allant des socialistes à l'extrême droite chasse les militaires de gauche du pouvoir, et le MRPP de Barroso lui apporte son soutien. Comment le président de la Commission européenne explique-t-il aujourd'hui son brutal passage du radicalisme maoïste au centre-droit ? « C'était comme si je me réveillais, d'un rêve ou d'un cauchemar. Je revenais dans mon cercle naturel, celui de la petite bourgeoisie, favorable aux réformes, pas à la révolution. » « Il était surtout anticommuniste, remarque aujourd'hui l'un de ses anciens compagnons du MRPP. Il ne venait pas de la résistance. » D'autres pensent que Franck Carlucci n'est peut-être pas totalement étranger à la soudaine « conversion » de Barroso, qui adhère bientôt au PSD (Parti social démocrate). Otelo de Carvalho, l'illustre dirigeant révolutionnaire, est totalement convaincu que « l'ambassadeur » a manipulé le MRPP.

Parti étudier la géopolitique en Suisse, à Genève (bourse d'études de la Volkswagenwerk ), Manuel Barroso va s'y faire de nombreux amis, surtout Américains. Il fut assistant du professeur Dusan Sidjanski à l'Institut universitaire d'études européennes.

En 1985, le PSD gagne les élections. Sa carrière politique va alors connaître une ascension fulgurante. Quand Anibal Cavaco Silva devient Premier Ministre du Portugal en 1985, il nomme tout d'abord José Manuel Barroso Secrétaire d'Etat aux Affaires Intérieures à 29 ans, ensuite Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères et à la Coopération , puis Ministre des Affaires Etrangères dans le XIe et XIIe gouvernements constitutionnels du Portugal, à l'âge de 36 ans (1991-1995).

En tant que Ministre des Affaires Etrangères, il s'attache à faire connaître la cause du Timor oriental. Il participe à une mission internationale dans son processus d’autodétermination.
Il réussit également à mettre fin au conflit angolais en organisant une médiation entre les marxistes au pouvoir et les guérilleros de l'Unita soutenus par les Américains. Lorsque son parti perd les élections en 1995, Barroso part étudier aux Etats-Unis. Il se retrouve sur les bancs de la Georgetown University à Washington DC qui est l'équivalent de l'ENA Américaine, d'où sont issus beaucoup de cadres de la CIA. (bourse d’études de l’OTAN)

À l'occasion du 21ème congrès du PSD, organisé à la fin du mois d'avril 1999 à Coimbra, il est élu président du parti, devenant ainsi chef de l'opposition au gouvernement du socialiste António Guterres.

Les élections législatives de mars 2002 ramènent au pouvoir le PSD. Nommé à son tour Premier Ministre, son principal souci est de sortir le Portugal du marasme économique dans lequel il se trouve en mars 2002 avec des « feux orange » sur les principaux indicateurs économiques : inflation à 1,5 % (2001), prévisions de croissance de 1,8 % à 2,8 % pour 2002 et déficit budgétaire de 2,2 %. Il imprime au gouvernement la rigueur budgétaire ainsi qu’un vigoureux tournant atlantiste.

José Manuel Barroso signe la lettre de soutien des "huit" à l'intervention Américaine en Irak, qui débouche aux Açores sur un Sommet réunissant José Manuel Barroso, Tony Blair, George Bush Junior et José Maria Aznar quelques jours avant l'offensive guerrière menée en Irak.
Il s'engagera sans réserve auprès de George Bush pour la campagne irakienne. Il tentera aussi, et l'on ne peut s'empêcher d'y voir une manière de régler quelques dettes, d'organiser la privatisation de la société nationale de pétrole portugaise au profit d'un fonds d'investissement Américain : Carlyle.
Coïncidence, ce fonds a été créé par Frank Carlucci et l'on trouve, parmi les actionnaires, l'ex-président Bush et quelques anciens de la CIA dont, entre-temps, Carlucci a été le directeur adjoint.
« Le réseau Carlyle n'occupe rien de moins que le centre de cette puissance de la politique, du pétrole et de l'armement. A la fois système d'influence et machine de spéculation financière, le fond d'investissement Carlyle a installé le complexe militaro-industriel à la tête des Etats-Unis depuis l'accession de George Bush junior à la Maison Blanche. Ainsi, au-delà des discours officiels et des campagnes de communication, cet établissement financier très particulier développé par Frank Carlucci, ex-fonctionnaire de la CIA et ex-Secrétaire à la Défense néo-conservateur, incarne pour une large part le nerf de la politique étrangère des républicains » (source : François Missen, Le réseau Carlyle, Flammarion, 2004).

Barroso balaie d'un revers de main les accusations proférées à propos de cette opération. «Elles ont été lancées par des gens sans crédibilité, notamment un député post-trotskyste. » La remarque est amusante venant d'un président « post-maoïste », mais ces critiques, pourtant non crédibles, l'empêcheront de mener à bien cette étrange opération.

Il annule également la participation du Portugal au programme de construction de l'avion militaire européen, Airbus A400M. Un retrait suivi par l'Italie qui coutera à l'avionneur européen près de 2 milliards d'euros.

Barroso devient président de la Commission européenne, le 29 juin 2004. Il est choisi à l'unanimité par les exécutifs des 25 membres de l'Union européenne, lors d'un Conseil européen extraordinaire.
Il n'a pas varié sur ses convictions atlantistes. «Le monde serait bien mieux si l'Europe et les Etats-Unis travaillaient ensemble. »
Attaché au libéralisme économique, il est très critiqué par une partie de la presse européenne de gauche.

En 2004, il publie un article intitulé « Victory to the Anglo-American Freedom Alliance » où il qualifie les guerres menées par les États-Unis après la guerre froide, comme étant « le meilleur exemple de la façon dont les guerres doivent être menées dans une civilisation moderne » ; il prédit qu'« un Irak libre, démocratique et paisible va naître ».

Pendant l'élection présidentielle Américaine de 2004, il félicita le président sortant, George Bush, de son effort de guerre en Irak et reprocha au candidat démocrate John Kerry de ne pas soutenir suffisamment les guerres Américaines. Il déclara que « quelle que soit la gravité des risques encourus en abattant Saddam Hussein, l'inaction entraînerait des risques encore plus grands, comme le prouvent la seconde Guerre mondiale et le 11 septembre ! ». À ses yeux, « la guerre contre Saddam Hussein est juste, la décision du président Bush est la bonne »

En 2009, Barroso est réélu à la présidence de la Commission européenne.

En octobre 2010, concernant l'attribution du prix Nobel de la paix au Chinois Liu Xiaobo, il déclare : « C'est un fort message de soutien à ceux qui, en faisant de grands sacrifices personnels, luttent pour la liberté et les droits de l'homme ».
Liu Xiaobo, qui, en 1996, dans un article intitulé « Leçons de la Guerre froide », avait affirmé que « le monde libre, sous la direction des États-Unis, a lutté contre tous les régimes qui foulent aux pieds les droits de l'homme. Les guerres importantes menées par le gouvernement Américain sont défendables sur le plan éthique » (Xiaobo, Nobel de la Paix  ???).

Barroso est titulaire de plus de vingt décorations, dont :
-         en 1993, il est élu "Global leader for tomorrow" par le Forum Economique Mondial de Davos
-         Titre de docteur honoris causa de l’Université Roger Williams, Rhode Island, États-Unis, en 2005
-         Titre de docteur honoris causa en humanités de l’université de Georgetown, Washington DC, États-Unis, en 2006
-         Prix du leadership transatlantique 2007 de l’Institut européen de Washington, avril 2007
-         «Transatlantic Business Award» de la Chambre de commerce américaine auprès de l’Union européenne, Bruxelles, mai 2008
-         Doctorat honoraire en affaires publiques et internationales, université de Pittsburgh, États-Unis, septembre 2009
-         Docteur honoris causa de l'université d'Haïfa, juillet 2012.

Frank Carlucci peut être fier.

Sources :

mardi 18 juin 2013

Des médias aseptisés

Alors que dans des médias normaux à l’intérieur d’un pays normal, les négociations relatives au futur Grand Marché Transatlantique Europe / USA devraient être le sujet de préoccupation numéro un et faire les gros titres des journaux, le gratuit 20 Minutes évoque enfin le thème, mais le relègue dans la rubrique « Culture » en bas de sa page 18 (sur un total de 24 pages pour son édition du lundi 17 juin 2013) :

(c) 20minutes.fr

Le « Grand Marché Transatlantique » est même travesti en « accords de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis » ce qui peut être une manière d'aborder le sujet de façon moins abrupte pour le lecteur afin que ce dernier ne s’alerte pas et ne s’interroge point sur ce « Grand Marché » qui aurait pu l'effrayer en ces termes ? Est-ce bien encore un « Grand Marché » ou cela laisserait-il penser davantage à des accords « routiniers » ?

Aucune explication n’est fournie sur ce que sont ces « accords de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis » qui sont balancés tels quels au lecteur, comme s’il était au courant du fait alors que la quasi-totalité des médias n’a que très peu voire jamais évoqué le thème auparavant.
Il n’est pas non plus précisé que la supposée exclusion de l’audiovisuel des accords de libre-échange avait été négociée lors d’une réunion de plus de 12 heures, vendredi dernier à Luxembourg, avec la participation des ministres du commerce extérieur des 27 pays de l’Union Européenne. Le journal manquait probablement de place en bas de sa page 18, pour en informer ses lecteurs ou bien ceux-ci étaient-ils « naturellement » au courant ?

Toujours pour ne pas inquiéter le lecteur, l’article se veut joyeux, festif, victorieux, euphorique comme si nous avions remporté une médaille d’or aux JO : « l’exception culturelle, ça se fête » ; « un moment de victoire » ; « s’est réjouie à haut bruit (Mme Filippetti)» alors que le commissaire au commerce, Karel de Gucht a bien expliqué : « Il ne s’agit pas d’une exclusion : les services audiovisuels ne figurent pas à l’heure actuelle dans le mandat, mais le mandat précise clairement que la Commission aura la possibilité de revenir devant le Conseil, avec des directives supplémentaires pour la négociation » (source : Mediapart du 15/06/13).

Les trois quarts de l’article permettent de noyer complètement le poisson en nous parlant de la mobilisation de divers artistes affiliés aux Sacem et Scam. C’est tout juste s’ils n’enchaînent pas sur leur participation à la fête de la musique ou sur leurs prochaines dates de concert ?

Mais il ne faut pas jeter spécifiquement la pierre à 20 Minutes. Le lecteur y a quand même été initié à l’existence des « accords de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis » bien que par ces seuls vocables. C’est la même chose dans la plupart des médias écrits et radiotélévisés de France, et pire encore le contenu que nous ont proposé les deux autres gratuits Metro et Direct Matin de ce lundi 17 juin 2013 : pas une ligne, pas un mot.

Quant à Mediapart, qui, par son journaliste Ludovic Lamant, nous a livré un très bon compte-rendu de deux pages dans son édition de samedi, il est dommage que leur site web ne propose plus de lire l’article en intégralité mais seulement les quelques premières lignes.
Quant à l’édition pdf de Mediapart, elle n’est pas diffusable sauf autorisation. Il y est ainsi précisé : « Ce document est à usage strictement individuel et sa distribution par Internet n’est pas autorisée ».

Dans ces conditions, il est difficile que le français lambda ait des clés pour comprendre les enjeux du Grand Marché Transatlantique mais veut-on vraiment les lui donner ?

lundi 17 juin 2013

Le saut dans l'inconnu (Mediapart)

Pendant que 99% des médias ont aseptisé leur information durant tout le week-end, en ne parlant que de l'exception culturelle française, sans jamais entrer dans des explications plus approfondies sur l'ensemble à négocier et sur ce qui pourrait arriver à terme, Mediapart, dans son numéro de samedi dernier, a rendu compte de façon beaucoup plus explicite des pré-négociations de vendredi, tout en proposant des perspectives :

Accord transatlantique: le saut dans l'inconnu
Il a fallu plus de douze heures, vendredi à Luxembourg, pour que les ministres du commerce de l'Union donnent finalement leur feu vert au lancement des négociations pour un accord de libre-échange avec les États-Unis (« TTIP », dans le jargon). Tout comme le patron de la commission européenne, José Manuel Barroso, David Cameron est soulagé : le premier ministre britannique pourra bien l'annoncer en grande pompe lors d'un G 8 sous sa présidence, lundi en Irlande du Nord, en présence de Barack Obama.
Les diplomates français jugent avoir obtenu gain de cause : l'ensemble des subventions à la culture, et des quotas dans l'audiovisuel, qui garantissent l'« exception culturelle », n'entreront pas dans le champ de la négociation – en tout cas à court terme. À l'ouverture de la réunion, l'affaire était loin d'être gagnée. La commission, comme bon nombre de capitales, se refusait à exclure un secteur a priori, sous prétexte que cela affaiblirait les marges de négociation avec les États-Unis sur d'autres dossiers.

Suite de l'article sur :
http://www.mediapart.fr/journal/economie/150613/accord-transatlantique-le-saut-dans-linconnu
http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFZEFFZpApfaADLIWO.shtml